Pourquoi la grève de Homestead a échoué : des travailleurs ont perdu

La grève de Homestead s’est soldée par une défaite écrasante pour les travailleurs impliqués. De leur point de vue, il n’y avait aucune victoire à revendiquer. L’aciérie n’a pas fermé. Elle n’a pas cédé à leurs demandes. Au lieu de cela, l’usine a continué à fonctionner avec une équipe restreinte de travailleurs de remplacement qui ont remplacé ceux qui avaient débrayé.

Les conséquences furent immédiates et graves. De nombreux dirigeants syndicaux ont été inculpés au pénal. Le système judiciaire s’est retourné contre eux. La sympathie du public, déjà fragile, s’est évaporée lorsque la violence a éclaté. Des coups de feu ont été tirés. Des gardes ont été tués. Le discours s’est déplacé des droits du travail vers la sécurité publique, et les grévistes ont perdu la position morale qu’ils avaient tenté de construire.

Le 21 novembre, le syndicat avait officiellement capitulé. La résistance s’est effondrée. La défaite fut totale.

Le coût du défi

Ce qui s’est passé après la capitulation illustre la dure réalité de la dynamique du pouvoir industriel. Certains anciens grévistes n’ont eu d’autre choix que de retourner au moulin. Ils ont postulé à nouveau pour leur emploi. Mais les termes avaient changé.

Ils ont accepté des journées de travail de 12 heures. Les salaires ont été réduits. Les travailleurs qui avaient tenu bon devaient désormais mendier pour récupérer leurs moyens de subsistance, à des conditions pires que celles qu’ils avaient laissées.

Ce résultat n’était pas seulement un revers. C’était une restructuration du pouvoir. La grève n’a pas brisé l’entreprise. L’entreprise a rompu la grève. La violence a discrédité le syndicat aux yeux du public. Les accusations criminelles avaient épuisé leurs ressources et leurs dirigeants. Et une fois la poussière retombée, les ouvriers étaient trop épuisés pour se battre.

La grève a échoué parce que l’entreprise a survécu aux travailleurs, à leur armement, puis à leur soutien public.

La grève de Homestead reste un exemple classique de la manière dont les mouvements syndicaux peuvent être démantelés lorsqu’ils manquent d’un soutien public soutenu et font face à une réponse juridique et physique coordonnée. Ce n’était pas un échec d’effort. C’était un échec de l’effet de levier. Et pour les travailleurs qui ont fini par travailler de plus longues heures pour un salaire inférieur, la leçon a été brutale.

Ils ont appris que se tenir debout ne signifie pas toujours se tenir droit. Parfois, cela signifie simplement que vous êtes le dernier à travailler.

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